Lesbienne et alors ? Vraiment ?
Un hebdo TV grand public, sur sa cover de l’édition du 19 au 25 septembre, au-dessus du minois de Ronda Rousey, une championne de Judo, un titre en grosses lettres jaunes affiche avec complaisance sa vive maladresse : Lesbienne, et alors?
Oui, et alors ?
Ainsi au XXIe siècle, il est compréhensible de s’en étonner, cohérent d’apporter une signification démonstrative à une orientation sexuelle ? Et ce pour quelle raison ? Un documentaire luttant ouvertement contre l’homophobie ? Absolument pas, ce titre annonce la diffusion sur la Rts1 d’une série anglaise sur Anne Lister, brillante, gay et ouvertement indépendante femme ayant, sa vie durant, lutté avec conviction contre les diktats du … XIXe siècle. Suranne Jones, vue et apprécie dans les deux saisons de « Doctor Foster » incarne l’illustre jeune femme dans une série à retrouver tous les lundis aux alentours de 23heures. Hélas, la page d’article intérieure annonçant la diffusion de la série concentre en titre principal « l’amour des femmes » ( ?) puis en interligne un commentaire sur les penchants saphiques de l’intéressée. On a vu plus fin.
Il y a encore du chemin à parcourir pour ne plus du tout réduire un humain à sa sexualité même si, bien entendu, il n’y avait aucune mauvaise volonté de la part de l’hebdo TV. Juste une frilosité pour le coup inutile … en 2020.
A suivre sur RTS1 tous les lundis deux épisodes de cette série non pas avant-gardiste (en quoi serait-il audacieux d’imaginer une série sur une homosexuelle ?) mais utile pour rafraîchir certains esprits engoncés dans un archaïsme obsolète.

