Adieu les cons … vaste programme !
Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.
Improbable oui, totalement farfelue, complètement perméable aux besoins de l’auteur de prendre le spectateur par la main pour l’entrainer dans une farandole souvent non sensique avec un enthousiasme qui peut parfois être d’une féroce naïveté. Le nouveau film de Dupontel oscille sans cesse entre deux ponts. Une misanthropie dans sa description d’un monde déshumanisé où on oublie simplement de se dire l’un à l’autre combien on s’aime puis, inexorablement, vers la bluette rose douce lorsque les deux anti héros tentent d’assembler des cœurs esseulés. Hélas, si la première moitié est d’une redoutable efficacité, le film peu à peu à tendance à gentiment, avec infiniment de tendresse, se déliter. Il reste une sensation étrange. Tout d’abord le plaisir ressenti à la gourmandise de comédiens d’une drôlerie, d’une acuité, d’un plaisir communicatif franchement d’une délicate attention. Comédien avant d’être réalisateur, il les adore et le fait savoir en laissant à ses interprètes des plages de jeux. Le toujours excellent Nicolas Marié, ici en M. Blin, est exquis à chaque plan. On se régale de son jeu souvent lunaire, de sa poésie lorsqu’il décrit des quartiers obsolètes défigurés par l’industrialisation des centres villes. Virginie Efira a toujours fait preuve, elle-aussi, d’un sens chirurgical, de justesse. Dans un rôle franchement complexe, elle excelle une fois encore. Autour de ce duo magique, une ribambelle d’excellents seconds rôles : Laurent Stocker, Michel Vuillermoz, Philippe Uchan, Jackie Berroyer où Bouli Lanners.
Albert Dupontel leur réserve le meilleur. Merci à lui. La grande satisfaction qu’on peut immédiatement retirer de cette comédie somme toute profondément nihiliste reste et demeure une suite de personnages aussi dingues qu’attachants.
En salles le 21 octobre


Albert Dupontel, depuis toujours, a su cultiver un univers foutraque, ouvertement anar, complètement branque en hommage à ses maîtres du déjanté baroque. Une réelle volonté de s’affranchir d’un carcan étouffant. « Adieu les cons » en salles dès le 21 octobre assure un mélange complexe d’une réelle réussite et d’une naïveté touchante.