
Si la conversion des territoires amazoniens en terres agricoles ou en plantations est la principale cause de déforestation, l’exploitation forestière destinée à l’exportation constitue la plus ancienne. Chaque seconde, 1350 m² de forêt disparaissent et le bois ainsi arraché à la terre, est vendu à des sociétés européennes fabricantes de meubles.
La tentaculaire famille Cameli, tient depuis 30 ans les postes stratégiques du petit État coincé entre la Bolivie et le Pérou et profite de sa position pour abattre des milliers d’arbres illégalement dans la réserve indienne de Kampa do Rio Amônia. Un quart des terres des indiens Ashaninkas a ainsi été rasé par un conglomérat d’obscures sociétés dirigées par les Cameli. Dès 1996, les Ashaninkas tentent de faire valoir leurs droits, sans succès.
C’est en 2011 que l’affaire connaît un retentissement national en étant présentée devant la Cour suprême fédérale du Brésil…Verdict rendu le 1er avril 2020, vous avez bien lu, 9 ans plus tard. La famille Cameli a été condamnée à verser 2,4 millions de dollars à la tribu Ashaninka et un million au fond de défense des droits de l’homme. Espérons que cette décision protège encore longtemps les habitants des 554 réserves indiennes qui couvrent 11% du territoire brésilien. Ailleurs, hélas la déforestation débridée a bondi de 85 % entre 2018 et 2019.